Vitaa. - J'ai fait mes premiers pas dans la musique en chantant des refrains pour des rappeurs français, j'ai commencé à 18 ans avec Dadoo. J'ai monté un groupe de R & B dans la région lyonnaise, et on a fait le Printemps de Bourges en amateur. En 2002, après ma rencontre avec Diam's, j'ai écrit et composé mon album sans qu'aucune maison de disques me propose de contrat. J'ai quitté mes parents à 17 ans, j'ai fait des petits boulots pour payer mon loyer et poursuivre mes études, même si la musique prenait de plus en plus de place dans ma vie. J'enregistrais mes maquettes en studio la nuit, j'étais vendeuse la journée. Mes parents ne me soutenaient pas, ils se demandaient pourquoi je m'accrochais. C'était blessant. Voilà, ce sont mes petites galères à moi.
N. O. - Quelles sont vos influences ?
Vitaa. - J'ai commencé à chanter en tombant à 11 ans sur un album d'Aretha Franklin. J'ai éduqué ma voix avec «Respect». Ensuite, j'ai écouté Marvin Gaye, Stevie Wonder et Billie Holiday. En grandissant, je me suis tournée vers le hip hop et le R & B américain, de Mariah Carey à Deborah Cox, tandis que ma mère me faisait découvrir Cabrel et Goldman. Ma plume s'est imprégnée de cette variété-là, mais la rythmique est inspirée par la soul et le R & B.
N. O. - Si vous deviez faire un portrait de Diam's...
Vitaa. - Elle m'a signée sur son label, j'ai fait avec elle la tournée des Zénith. C'est ma grande soeur, mon modèle : une petite nana avec un mental de mec. Elle a une force inouïe, elle reste indépendante, ambitieuse. Elle va toujours au bout de ses idées.
N. O. - Dans «Confessions nocturnes», vous racontez à deux voix une tragédie amoureuse qui devrait être réservée aux adultes : une fille d'une vingtaine d'années découvre que son copain la trompe dans une chambre d'hôtel. Est-ce bien de votre âge ?
Vitaa. - Totalement, puisque je me suis inspirée d'une histoire que j'ai vécue. C'est vrai que nous sommes encore jeunes, mais nous ne sommes plus des adolescentes : Diam's a 26 ans, j'en ai 24. Nous vivons comme des femmes. Ca nous est arrivé de trouver notre petit ami dans les bras d'une autre, mais ça arrive aussi à des gamines de 15 ans qui viennent nous en parler. La génération qui arrive est encore plus précoce que la nôtre.
N. O. - Beaucoup de jeunes artistes passent par la téléréalité pour se lancer. Ca ne vous a pas tentée ?
Vitaa. - Ah, non ! C'est un concept que je dénonce. Si je suis radicalement contre, c'est que je reçois quantité de lettres de jeunes de 14 ou 15 ans désespérés d'avoir été recalés à «la Nouvelle Star» et autres émissions du genre. On leur met des idéaux dans la tête, on leur fait croire qu'en trois mois on peut fabriquer une star, on leur fait miroiter qu'il existe des formations accélérées pour devenir artistes. Je n'y crois pas. La téléréalité ne fabrique que de l'éphémère et la déception est trop lourde à porter.
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